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PSG - Nice, le match des ultras
L'Equipe, le 11/12/2016 à 14h39

Sommet du Championnat, PSG-Nice, ce dimanche (20h45) aurait pu l'être en tribunes, entre des ultras parmi les plus fervents de France. Mais si l'OGCN a rapidement retrouvé un groupe de supporters forts après la dissolution de la Brigade Sud, ce n'est pas encore le cas à Paris où leur retour se fait à petits pas.

Que s'est-il passé ?
PARIS
Les groupes de supporters n'ont pas totalement disparu à Paris mais les grands groupes ultras qui ont fait la réputation du Parc, si. La plupart ont fait les frais des débordements ou graves violences de la fin des années 2000. Les Boulogne Boys, nés au mitan des années 1980 et installés dans le « Kop » du même nom, ont été dissous par le ministère de l'Intérieur en 2008, après l'affaire de la banderole anti-Ch'tis lors de la finale de Coupe de la Ligue contre Lens, cette année-là.

Cinq autres, dont les Supras et les Authentiks qui peuplaient le virage rival d'Auteuil, ainsi que des groupes de Boulogne à tendance hooligans, ont été dissous en avril 2010, deux mois après la mort de Yann Lorence (membre d'un groupe de Boulogne) en marge d'une bagarre entre les deux camps.

Le plan Leproux – fin des abonnements et placement aléatoire dans les anciens secteurs ultras, grilles de séparation – achève la mise en pièces du mouvement.

NICE
Comme les principaux groupes de la tribune Auteuil, la Brigade Sud Nice est dissoute par décret en 2010. Le ministère de l'Intérieur invoque à l'époque «des actes répétés de violence», listant pêle-même des bagarres entre supporters, un envahissement de terrain, quelques dégradations et une banderole...

La disparition de la «BSN», née en 1985, porte un coup sévère au supporterisme niçois car elle fédère à grande échelle. «A Lyon, les autorités ont pu dissoudre un groupe et garder les autres. A Metz, pareil. A Nice, si on dissout, on casse le groupe principal», souligne Nicolas Hourcade, sociologue à Centrale Lyon et spécialiste des supporters, qui l'explique par «l'unité» des ultras locaux dans un grand mouvement.

Où en sont-ils ?
PARIS
Si quelques groupes ou sous-groupes, comme la K-soce Team, entité des ex-Supras, ont subsisté, aucun des grands mouvements ne s'est reformé. Les ultras parisiens sont aujourd'hui représentés par le Collectif ultras Paris (CUP) et dans l'Adajis, une association qui a pour but, bien plus large, de défendre les intérêts des supporters, notamment lorsqu'ils sont visés par la justice.

«La CUP essaie et rassemble assez largement les contestataires d'après le plan Leproux, mais il y a des anciens d'Auteuil ou de Boulogne qui ne s'y reconnaissent pas, qui ne veulent pas revenir aux conditions actuelles», souligne Nicolas Hourcade. Ce collectif revendique 1.500 membres dont une petite moitié serait abonnée au Parc. Emmenée notamment par Romain Mabille, personnalité forte mais qui ne fait l'unanimité, le CUP entend ramener de l'ambiance au Parc tout en développant «le côté famille». Mais le retour se fait à (très) petits pas.

NICE
La BSN n'a pas été reconstituée mais cela y ressemble. D'anciens membres ont décidé, en 2013, de se structurer à nouveau afin d'entrer dans l'Allianz Riviera en ordre de marche, «après trois années de troubles, sans intermédiaire, sans interlocuteur» pour le club et les autorités, ainsi que le dit Greg Massabo, porte-parole de la Populaire Sud Nice.

L'association compte 3.000 membres et, comme le club, revendique un très fort attachement local – avec des chants en niçois, par exemple. Comme la BSN, elle reste hétéroclite parce qu'elle réunit la quasi-totalité des ultras locaux : «Les Ultras Populaire Sud rassemblent tout le monde. Il y a des différences, il y en a plus branchés ambiance, d'autres plus radicaux, d'autres entre les deux... Mais il n'y a pas de territoire spécifique», expose Nicolas Hourcade.

L'autre association connue mais plus modeste est l'Armada Rumpetata Nissarda (créée en 2001).

Quel est leur rôle au stade ?
PARIS
Il est limité. La politique de sécurité engagée avec le plan Leproux les a écartés du Parc, quand ils n'ont pas décidé d'eux-mêmes de le déserter, comme l'expliquaient certains dès 2011, dans Le Monde par exemple.

Le CUP a pour l'instant fédéré quelques centaines de personnes et espère s'étendre afin de faire à nouveau entendre les chants ultras à Paris et réveillé un public devenu plus familial mais aussi plus consommateur de spectacle, par la force d'une politique tarifaire venue s'ajouter au plan Leproux avec l'arrivée de SQI.

NICE
Il est essentiel. Si les ultras peuvent encore se montrer chauds et rappeler leur ancienne affiliation (le leader de la Populaire Sud avait été arrêté après le déploiement des lettres BSN en tribunes lors d'un Nice – OM), ils sont capitaux dans un stade qui sonnerait creux en leur absence.

«C'est un public méridional, très tourné vers l'Italie, sur la ferveur, l'intensité de l'investissement. Ça fait partie de l'identité des ultras niçois, note Nicolas Hourcade. Au Ray comme au nouveau stade, les ultras sont très importants. La Populaire Sud est plutôt remplie, ils sont actifs, mettent de l'ambiance quand le reste est plutôt vide.» A l'extérieur aussi. L'association est capable d'emmener un gros millier de suiveurs sur des déplacements lointains en Ligue Europa.

Quelles sont leurs relations avec le club ?
PARIS
Les membres du CUP saluent la volonté de dialogue du président du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, qui semble avoir compris la nécessité de réveiller le Parc. D'autant que, jusqu'à récemment, le dialogue était totalement inexistant. Les discussions sont plutôt menées par le directeur général Jean-Claude Blanc et, selon les divers témoignages, se passent bien. Mais le PSG, avec certains anciens responsables toujours en poste au club, reste encore prudent.

NICE
«A Nice, il y a une tradition de dialogue assez forte, même si ça n'empêche pas des poussées de fièvre», rappelle Nicolas Hourcade. Les ultras niçois se sentent considérés, quand bien même ils ont pu manifester leur mécontentement envers la direction et les joueurs (en faisant irruption à l'entraînement) par plusieurs actions coup de poing, jusqu'à il y a un an et demi à peine.

«Le cordon avait été un peu rompu après Nice-Bastia», concède Greg Massabo. Le terrain avait été envahi, en octobre 2014, après que le gardien bastiais Jean-Louis Leca eut brandi un drapeau corse, attisant une rivalité déjà explosive. Jean-Pierre Rivère, le président niçois, avait alors déposé plainte.

«On s'en est sortis en faisant une réunion, les plaintes ont été retirées, poursuit le porte-parole de la Populaire Sud. Tout le monde a compris que ça faisait le jeu des instances. On a décidé de laver le linge sale en famille. Depuis, on a une relation franche, le club joue le jeu au niveau populaire, les tarifs sont stables, on est en dialogue permanent. Sans forfanterie, la façon dont ça fonctionne, je crois que ça pourrait être érigé en modèle.»






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32e journee de Ligue 1
dim. 11/04/2021 à 15h


Nice - Reims : 0-0

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  33e journee de Ligue 1
dim. 18/04/2021 à 20h



Pts J V N D Diff
 7.    Rennes 48 32 13 9 10 +5
 8.    Montpellier 46 32 12 10 10 -1
 9.    Nice 43 32 12 7 13 -1
 10.    Metz 42 32 11 9 12 -2
 11.    Angers 41 31 11 8 12 -10



   29e  dim. 14/03 (15h) Lorient - Nice : 1 - 1
   30e  sam. 20/03 (17h) Nice - Marseille : 3 - 0
   31e  dim. 04/04 (15h) Nantes - Nice : 1 - 2
   32e  dim. 11/04 (15h) Nice - Reims : 0 - 0
   33e  dim. 18/04 (20h) Dijon - Nice
   34e  dim. 25/04 (20h) Nice - Montpellier
   35e  dim. 02/05 (20h) Lille - Nice