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Interviews :

Renato Civelli : « Le public m’a fait vibrer »
Le Petit Niçois, le 30/04/2011 à 10h37

Renato Civelli a apprécié l’ambiance du Ray face à Lille et le fait savoir. Le sympathique défenseur argentin se livre en toute franchise sur lui, l’OGC Nice, le foot, l’avenir… Confessions.

- Renato, on s’est laissé dire que tu faisais partie des « bons clients » pour une interview. Tu confirmes ?

Je ne sais pas si je suis un bon client, mais j’aime parler de football, comme beaucoup de mes compatriotes argentins. Quand on sort de ce cadre, je refuse de répondre aux questions. Quand on commence à parler de ma vie privée, bien que je n’ai rien à cacher car c’est une vie très simple, je n’apprécie pas et je trouve que cela n’a aucun intérêt. Alors je me tais. Mais le reste du temps, je suis plutôt du genre à répondre franchement, même si parfois j’ai de mauvaises surprises quand je lis la retranscription de certains de mes propos…

- Tu as récemment confié au micro de RMC que tu ne prends pas de plaisir sur un terrain de foot...

Et mon père, qui était un très bon joueur amateur, n’a pas aimé du tout (il sourit). Pour lui, c’est presque une insulte de dire cela ! C’est pourtant la vérité. Pour moi, le foot c’est marquer des buts, faire des passes, réussir des dribbles... Il est là, le plaisir. Et mon rôle sur le terrain, c’est d’aller à l’encontre de tout ça. Si je voulais prendre du plaisir, je prendrais des risques incompatibles avec mon poste et je ne jouerais pas souvent. Le football, c’est le plus beau métier du monde, mais cela reste un métier pour moi. Personnellement, cela me demande beaucoup d’efforts. Certains peuvent être bons sans observer une hygiène de vie stricte et en profitant de toutes les bonnes choses. Moi je ne peux pas. Je ne jouerais pas à ce niveau sans cet investissement, qui reste très contraignant. Et puis sur le terrain, même si je ne suis pas du genre à me mettre la pression, la concentration nécessaire pour le haut niveau m’empêche de prendre du plaisir en jouant. Mais comme je suis un compétiteur, mon vrai plaisir se trouve dans la victoire. Peu importe finalement que j’en prenne ou pas sur un terrain.

- Qu’as-tu pensé de la polémique concernant ton but face à Lyon (Renato avait égalisé dans les arrêts de jeu en déviant le ballon du bras, NDLR) ?

On est dans un pays libre, chacun peut parler de ce qu’il veut. Moi, j’aime bien qu’on puisse discuter, mais pas quand c’est sélectif comme c’est trop souvent le cas. Car si ce but a fait polémique, c’est surtout parce qu’il impliquait Lyon. Quand ça arrive à une petite équipe comme nous d’encaisser un but litigieux, on n’en entend pas parler. La même mésaventure arrive à un « gros », on lit tout et n’importe quoi. Ce dont je suis certain, c’est que l’action allait très vite et que je n’ai pas marqué intentionnellement de la main. C’était très difficile pour l’arbitre de le voir.

- A chaque but litigieux, le débat sur la vidéo comme support de l’arbitrage dans le football de haut niveau refait surface. Quel est ton avis sur la question ?

Je suis partagé. Je suis plutôt pour la vidéo sur le moment, comme au rugby, si cela ne fait pas trop perdre de temps. Car il ne faut pas que le jeu soit haché. En revanche, je trouve qu’une fois le match terminé, on ne doit plus revenir sur les décisions prononcées ou non. Je ne trouve pas normal de sanctionner un joueur après le match pour une faute non signalée par l’arbitre. Si on s’engouffre dans cette brèche, le football va perdre toute sa spontanéité. C’est le vrai danger de la vidéo. Mais quoi qu’il arrive, il y aura toujours des erreurs d’arbitrage en notre faveur ou défaveur, et j’ai la conviction que sur une saison cela s’équilibre.

« On n’a rien lâché ; c’est ce qui compte le plus »

- Revenons à cette demi-finale perdue face à Lille. Avec le recul, comment analyses-tu cette défaite ?

On a perdu face à l’une des meilleurs équipes de la Ligue 1. Une équipe qui montre un joli visage à chaque fois qu’elle vient au Ray. Nous avons fait une bonne première mi-temps même si on leur a trop laissé le ballon. On aurait pu en faire une meilleure utilisation mais on a tout de même eu quelques situations devant les buts de Landreau. Eux marquent sur leur seule occasion de la première période. C’est le signe d’une grande efficacité de leur part, mais aussi d’une certaine solidité de la nôtre ; même s’il nous a manqué quelque chose pour atteindre la pause sans être menés au score. Ensuite, on prend ce deuxième but trop rapidement et il devenait très difficile de renverser la vapeur. Malgré tout, on n’a rien lâché jusqu’au bout.

- Sur le deuxième but, inscrit par Gervinho, on te voit jouer le hors-jeu à retardement. Comment analyses-tu cette action ?

Lionel Letizi a le ballon, je m’écarte sur la droite pour lui donner une solution de relance à la main, puis il décide de jouer long. Malheureusement le ballon est récupéré par un Lillois et revient très vite dans notre camp, trop vite pour que je puisse me recentrer et couper la route de Gervinho. J’ai trop tardé à fermer mon axe et je n’avais pas le temps de remonter dans l’alignement. Quand j’ai vu l’appel de Gervinho j’ai tenté de le mettre hors-jeu : la dernière chose que je pouvais faire. Sur le terrain, j’étais persuadé que l’assistant s’était trompé, mais en revoyant les images, il n’y a bien entendu pas hors jeu...

- Entré en jeu à la place de Florent Balmont à la 35e minute, Eden Hazard a changé le cours de ce match. Que penses-tu de ce joueur ?

Je pense que c’est le meilleur joueur en L1 aujourd’hui. Quand il est rentré contre nous, le match a clairement changé. Il a, à quelque chose près, les mêmes caractéristiques que Ribéry, que j’ai côtoyé à l’OM. Si tu lui laisses de l’espace, cela ne pardonne pas, d’autant plus qu’il joue dans une équipe qui sait utiliser ses qualités. C’est un excellent joueur, mais on ne peut pas dire s’il va devenir un grand joueur. Pour lui, le plus dur reste à faire car il faudra qu’il soit capable de réussir ailleurs qu’à Lille. Dans un contexte plus compliqué, avec plus de pression qu’il n’en a jamais ressenti.

- Pour ta part, qu’as-tu ressenti face à Lille en voyant les supporters retrouver la flamme ?

Franchement, le public m’a fait vibrer. Cela m’a fait penser à ce que j’ai pu vivre en Argentine. Depuis mon arrivée je n’avais pas vu ça. On l’attendait car certains supporters nous avaient promis de sortir le grand jeu pour ce match. Ils n’ont pas menti (il sourit). Tous les joueurs de foot rêvent de jouer des matchs comme ça. Malheureusement, on n’a pas pu les remercier comme il se doit. Mais je le répète, on n’a rien lâché et c’est ce qui compte le plus. Nos supporters veulent des joueurs qui mouillent le maillot rouge et noir. Sur ce point, nous leur avons fait honneur.

- Cet entretien a la particularité d’être réalisé à la veille d’un match important à Marseille. Sachant que, lors de sa parution, le match aura été joué, peux-tu nous faire une réaction d’après-match fictive pour le fun ?

(Il sourit) Je vais répondre quelques chose que je peux dire avant comme après le match quel que soit le résultat. « C’était un match très dur contre une très bonne équipe, mais on s’est bien battu ».

« Porter un maillot, une responsabilité en soi »

- L’OM a été ton premier club en France, puis tu es venu à Nice où l’on a l’impression que tu as pris de l’envergure. Qu’en penses-tu ?

Que le Renato de Nice est le même que celui de Marseille. Quand je suis arrivé à Marseille, j’étais jeune et je n’avais pas beaucoup de matchs au compteur. Mes débuts y ont été difficiles, mais lors de ma dernière saison là-bas j’avais déjà beaucoup gagné en maturité. Non, je ne pense pas avoir pris plus d’envergure.

- Ou alors plus de responsabilités dans le collectif ?

A Marseille comme à Nice, les responsabilités que l’on me confie en tant que joueur sont les mêmes. Je suis là pour empêcher l’attaquant de marquer et effectuer les meilleures relances possibles. Porter un maillot, c’est déjà une responsabilité en soi.

- La plus grande responsabilité va être de maintenir le club en L1... C’est plutôt bien engagé non ?

C’est vite dit, car nous n’avons que trois points d’avance sur le premier relégable avant de jouer à Marseille. Cela veut dire que nous sommes encore dans une sacrée galère. Pour ma part, je tiens le même discours depuis le début du championnat : il ne faut rien lâcher. On sait qu’on n’a pas le droit de ne pas être à fond. J’espère que quand les lecteurs liront ces lignes nous auront fait un pas de plus face à Marseille. Mais je pense que le match contre Caen sera plus déterminant encore. Contre un adversaire direct, ce match peut s’avérer le plus important de la saison… J’espère que nos supporters répondront présents : nous avons besoin d’eux.

- Quel a été le discours d’Eric Roy après la déconvenue contre Lille ?

Il n’a pas beaucoup parlé. On est conscient de l’objectif de début de saison : le maintien. On a rêvé de la Coupe de France, mais le principal reste toujours de se sauver. Cela n’a pas changé. De mon côté, je n’attends pas que l’entraîneur me le dise. Je sais à quel point le maintien du Gym en L1 est important pour l’avenir du club. Je pense d’ailleurs que cette défaite face à Lille nous a fait du bien après une série de huit matchs d’invincibilité, qui auraient pu nous griser. Il nous a fait comprendre qu’on est bien, mais pas encore assez pour faire douter une équipe de haut de tableau. La différence n’est pas si énorme que cela, au regard de notre match contre Lille. Mais nous devons continuer à travailler.

Propos recueillis par Yannick Pelayo
Le Petit Niçois







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Match Amical
ven. 11/10/2019 à 15h


Nice - Lausanne : 0-0





  10e journee de Ligue 1
ven. 18/10/2019 à 20h45



Pts J V N D Diff
 6.    Reims 14 9 4 2 3 +4
 7.    Montpellier 14 9 4 2 3 +2
 8.    Nice 13 9 4 1 4 -1
 9.    Marseille 13 9 3 4 2 -1
 10.    Rennes 12 9 3 3 3 +1



   7e  mar. 24/09 (21h) Monaco - Nice : 3 - 1
   8e  sam. 28/09 (20h) Nice - Lille : 1 - 1
   9e  sam. 05/10 (20h) Nantes - Nice : 1 - 0
  ven. 11/10 (15h) Nice - Lausanne : 0 - 0
   10e  ven. 18/10 (20h45) Nice - PSG
   11e  sam. 26/10 (20h) Strasbourg - Nice
  mer. 30/10 (18h45) Le Mans - Nice