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Portraits :

Didier Digard, en père peinard

L’Equipe, le 18/02/2023 à 07h54

Papa à 16 ans, pro à 18 et entraîneur principal à 36, Didier Digard, qui incarne le renouveau de l'OGC Nice, a toujours été précoce. Et diffuse une tranquillité désarmante pour ses débuts sur un banc de Ligue 1.

La victoire de son équipe à Marseille (3-1), il y a deux semaines, Didier Digard ne l'a pas préparée dans une bulle, avec l'angoisse de l'événement qui approche. Quand Julien Fournier est venu le saluer dans l'après-midi précédant le match, l'ancien directeur du football de l'OGC Nice, pensait que cela durerait quelques minutes, pas deux heures. « Je lui ai dit plusieurs fois : "Si tu veux préparer ton match, vas-y". Il me répondait que tout était prêt, raconte le dirigeant qui a quitté le Gym l'été dernier. Je l'ai trouvé d'une étonnante sérénité. Mais ça déteint sur les joueurs et sur le club... Je le vois comme un jeune joueur qui sort du centre de formation, qui a du talent, qui doit le savoir au fond de lui et qui joue en pro avec insouciance. Didier, il est dans cette découverte-là. Pour moi, c'est la bonne personne au bon moment. »

Ses premiers matches sur le banc de Nice ne disent pas autre chose. Seize points pris sur dix-huit, un enchaînement de victoires contre Lille (1-0),Lens (1-0) et l'OM, et un jeu qui justifie ces résultats : s'il existe des débuts rêvés sur un banc professionnel, ils ne doivent pas être éloignés de ceux de l'ancien capitaine du Gym. Promu entraîneur « jusqu'à nouvel ordre » avec le départ précipité de Lucien Favre, il n'avait jamais dirigé une équipe, même de jeunes, il y a quatre ans. Il n'a pas le diplôme requis (BEPF) et il a trois ans de moins (36 ans) que son capitaine Dante. Mais son nom s'est imposé comme une évidence à l'heure de remplacer le Suisse.

« Pour moi, c'était inimaginable de devenir entraîneur. Mais Julien Fournier est assez doué quand il veut quelque chose »
Didier Digard

Directeur du centre de formation de Nice, où Digard a fait ses armes de technicien depuis son retour au club en 2019, Manu Pires a déjà affiché dans son bureau des unes des premiers succès de son protégé. « S'il y a un mot qui le caractérise, c'est précoce », résume le formateur. Le premier de ses cinq enfants, c'est à 16 ans que l'ancien milieu l'a eu. Pas du genre à fuir les responsabilités, il portait au même âge le brassard de la réserve du Havre, qui évoluait en CFA. « Il y a toujours eu beaucoup de maturité dans son esprit, juge Thierry Uvenard, son deuxième entraîneur en Normandie. Il sait exactement ce qu'il veut, avec une horreur de l'injustice. » « C'était un soldat, décrit Henri Bedimo, avec qui Digard a joué au Havre lors de la saison 2006-2007. Il faisait déjà partie des cadres. »

Trois ans plus tôt, à 18 ans, son entraîneur Philippe Hinschberger lui avait annoncé vouloir se passer de lui et recruter à son poste. Le jeune homme avait coupé court à l'entretien. Il s'était levé et avait lancé : « Très bien. Alors je pars ». Finalement resté, il s'imposera très vite comme titulaire en Ligue 2 avant d'être recruté par le Paris-SG (2007-2008). Passé par toutes les sélections de jeunes, il ne connaîtra jamais l'équipe de France, mais sa carrière le mènera à des expériences en Angleterre (Middlesbrough) et en Espagne (Betis Séville, Osasuna) et à sa plus longue, à Nice, où il a joué cinq saisons et demie (janvier 2010-été 2015).

« Son gros point fort, c'est sa capacité à être autant aimé que craint par ses joueurs. Très rares sont les entraîneurs qui ont les deux au même niveau.
Manu Pires, directeur du centre de formation de Nice.

Son parcours a pris fin il y a cinq ans, en Deuxième Division espagnole, à Lorca, sur un choix qu'il reconnaîtra lui-même comme malheureux. « On faisait 9 heures de bus, on mangeait chez le routier, c'était guinguette, avait-il confié en 2020. Quand ce que tu regardes à la sortie des calendriers, c'est où tu seras le jour de l'anniversaire de tes enfants ou de leur spectacle de fin d'année, c'est que c'est le moment d'arrêter. J'ai vraiment eu besoin de couper du foot. Pour moi, c'était inimaginable de devenir entraîneur. Mais Julien Fournier est assez doué quand il veut quelque chose. » « Je lui ai dit : " C'est ton club plus que le mien, viens chez nous et apprends" », complète l'ancien directeur du football du Gym.

Pour Digard, monter une affaire est alors une option. Revenir dans le foot en est une autre. Il se laisse convaincre pour la seconde. D'abord adjoint des moins de 17 ans, il s'occupe aussi du suivi des meilleurs milieux du centre de formation. « Quand on lui donnait un os à ronger, il le rongeait jusqu'au bout : il était toujours en demande », note Fournier. « Didier, c'est comme les grands joueurs, on ne le forme pas, on l'accompagne », assure Manu Pires.

« Je m'habille juste pour être à l'aise. Pour prendre du plaisir, il faut se sentir soi-même. »
Didier Digard

Entraîneur adjoint au club depuis 2010, Fred Gioria a également encouragé la montée en puissance de son ami. « Lorsque le club s'est séparé de Patrick Vieira, on m'a demandé qui pourrait venir dans le staff. J'ai tout de suite répondu : "Didier", explique Gioria. Il sait parler à tout le monde, aux jeunes et aux mecs qui ont un peu d'expérience. Il s'adapte à toutes les générations. Tu vois tout de suite que les joueurs sont réceptifs. Quand il a été promu adjoint (de décembre 2020 à mai 2021), ça s'est super bien passé. Il est retourné à la formation la saison d'après (à la tête de l'équipe réserve, en N3), mais son objectif, c'était clairement d'être numéro 1. » Tout en poursuivant son apprentissage.

« Je l'avais vu sur deux matches et il criait beaucoup, indique Fournier. Il était dans les corrections quasi permanentes. Il m'avait dit que les joueurs en avaient besoin. J'ai demandé à Manu Pires de cacher un téléphone sous son banc pendant une rencontre pour l'enregistrer. Je lui ai envoyé le son après... » Et Digard a corrigé. « Son gros point fort, c'est sa capacité à être autant aimé que craint par ses joueurs, estime Manu Pires. Très rares sont les entraîneurs qui ont les deux au même niveau. Il suffit de le voir sur les séances : il impose quelque chose que beaucoup n'ont pas. Et ce que vous voyez, c'est lui. Il ne changera pas. »

Son nouveau poste ne lui a pas fait porter le costume. Les jours de match, son sweat à capuche peut le faire passer pour un joueur ? « Je m'habille juste pour être à l'aise, en sourit-il. Pour prendre du plaisir, il faut se sentir soi-même. » « Il a de l'assurance, reprend Pires. Ça peut bousculer. Mais c'est Didier. »






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23e journee de Ligue 1
dim. 25/02/2024 à 15h


Nice - Clermont : 0-0

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  24e journee de Ligue 1
dim. 03/03/2024 à 13h



Pts J V N D Diff
 2.    Brest 43 23 12 7 4 +16
 3.    Monaco 41 23 12 5 6 +10
 4.    Nice 40 23 11 7 5 +7
 5.    Lille 38 23 10 8 5 +13
 6.    Lens 36 23 10 6 7 +6



  mer. 07/02 (20h30) Montpellier - Nice : 1 - 4
   21e  dim. 11/02 (20h45) Nice - Monaco : 2 - 3
   22e  ven. 16/02 (21h) Lyon - Nice : 1 - 0
   23e  dim. 25/02 (15h) Nice - Clermont : 0 - 0
   24e  dim. 03/03 (13h) Toulouse - Nice
   25e  ven. 08/03 (21h) Nice - Montpellier
  mer. 13/03 (21h10) PSG - Nice


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