La première équipe française à battre le Real Madrid
À Nice, stade du Ray, le 4 février 1960
OGC Nice - Real Madrid : 3 - 2 (0-2)
Arbitre : M. Da Costa
Spectateurs : 21 422
Buts pour Nice : Nurenberg (52e, 68e sp, 84e)
Buts pour Madrid : Herrera (15e), Rial (26e)
Les équipes
Nice : Lamia - Martinez, Gonzales, Chorda - Cornu, Milazzo - De Bourgoing, Alba, Foix, Nurenberg, Barrou. Ent. : Jean Luciano.
Madrid : Dominguez - Marquitos, Santamaría, Miché - Vidal, Santisteban - Herrera, Rial, Mateos, Puskás, Gento. Ent. : Manuel Fleitas Solich.
Les Madrilènes, même privés de l'Argentin Alfredo Di Stefano forfait, ne craignent guère les retrouvailles avec des Niçois qu'ils avaient éliminés trois ans auparavant. Les Merengues étaient les tenants du titre des quatre premières éditions de la compétition européenne la plus prestigieuse.
Les Niçois accordent à ce choc une importance extrême. Ils viennent de faire chuter Nîmes, alors leader de la L1, puis de s'imposer à Sochaux le dimanche précédant la venue du Real, avec une équipe "mixte". Fait rarissime en ces temps-là, Jean Luciano, l'entraîneur du Gym, a fait l'impasse sur ce déplacement pour se rendre à Bilbao et "espionner" les Madrilènes.
Hélas pour eux, les Madrilènes ne liront pas cet avertissement, ou alors trop tard. La rencontre est programmée le jeudi à 15 heures — horaire inhabituel dû à l'absence d'éclairage au Ray, les pylônes ne seront installés que quelques années plus tard. Qu'importe : ils sont 21 422 spectateurs à se masser dans les tribunes.
Les Niçois dominent, se procurent plusieurs occasions, mais en vain. Plus réalistes, les Madrilènes inscrivent deux buts par Herrera (15e) puis Rial (26e). À 0-2, les Niçois se lâchent. Vic Nurenberg, qui ne sait pas encore qu'il va bientôt entrer dans l'histoire, subit une fameuse engueulade de Luciano à la mi-temps.
Et, contre toute attente, sa prédiction va devenir réalité. Cornu et Milazzo, remontés comme des horloges, ne laissent plus passer Puskas et Rial, tandis que Martinez met Gento sous l'éteignoir. Sur un centre de De Bourgoing dévié par Barrou, Nurenberg bat Dominguez de près (52e). Un quart d'heure plus tard, Nurenberg perce, Santisteban l'accroche : penalty. Et Nurenberg se fait justice, de manière heureuse.
Euphorisés par cette égalisation, les Niçois se ruent à l'attaque et, le cœur entre les dents, arrachent une invraisemblable victoire. Un mouvement amorcé par Alba, poursuivi par Barrou et De Bourgoing, aboutit à Nurenberg qui, après un amorti de la poitrine, bat Dominguez en force (84e). L'OGC Nice devient la première équipe française à battre le grand Real, laissant au Luxembourgeois le bonheur de conserver le ballon du match. Pour l'éternité.
Malheureusement, cette belle victoire ne sera pas suivie d'une qualification pour les demi-finales. Le 2 mars, au stade Chamartín, le Real et son trident Di Stéfano - Puskás - Gento à nouveau au complet ne fait qu'une bouchée des Aiglons : 4 à 0. Nice pourra regretter qu'à la suite de l'expulsion de De Bourgoing à la 44e — pour contestation sur un penalty accordé au Real — l'arbitre fera durer la mi-temps 54 minutes. Nice portera réclamation, mais que pouvait-on faire contre le Real de ce temps-là ? Les Merengues remporteront quelques semaines plus tard la Coupe d'Europe face à l'Eintracht Francfort.
Les buts niçois :
2:1 Nurenberg (52e), centre de De Bourgoing dévié par Barrou, but de près.
2:2 Nurenberg (68e), perce la défense, faute de Santisteban. Penalty transformé plein centre.
2:3 Nurenberg (84e), mouvement Alba - Barrou - De Bourgoing, amorti de la poitrine et frappe en force de Nurenberg.
Le parcours niçois en Coupe d'Europe 1959/1960 :
Tour préliminaire :
OGC Nice - Shamrock Rovers (Irlande) : 3 - 2 et 1 - 1
8e de finale :
Fenerbahçe (Turquie) - OGC Nice : 2 - 1 et 1 - 2 (1 - 5 en match d'appui)
Quart de finale :
OGC Nice - Real Madrid (Espagne) : 3 - 2 et 0 - 4
