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Nice - Bordeaux 5-3, Coupe de France 1952
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NICE - BORDEAUX : 5 - 3

Dimanche 4 mai 1952 Compétition : Finale de la Coupe de France 1951/1952 Lieu : Stade Yves-du-Manoir, Colombes Mi-temps : 3 - 2 Arbitre : M. Devillers Équipe de Nice : Domingo - Firoud, Gonzalez, Bonifaci, Poitevin - Belver, Courteaux - Nurenberg, Césari, Carniglia, Ben Tifour.
⚽ Buts pour Nice Nurenberg (9e), Carniglia (11e), Belver (31e), Ben Tifour (60e), Césari (65e)
⚽ Buts pour Bordeaux Baillot (11e, 55e), Kargulewicz (40e)

Le doublé Coupe-Championnat, la plus belle finale de l'histoire

Par son rythme effréné et ses rebondissements incessants, la finale 1952 opposant Nice, champion en titre, à son dauphin bordelais, fut l'une des plus spectaculaires de l'histoire de la Coupe de France.

À Colombes, stade Yves-du-Manoir, le 4 mai 1952
OGC Nice - Girondins de Bordeaux : 5 - 3 (3-2)
Arbitre : M. Devillers
Buts pour Nice : Nurenberg (9e), Carniglia (11e), Belver (31e), Ben Tifour (60e), Césari (65e)
Buts pour Bordeaux : Baillot (11e, 55e), Kargulewicz (40e)
Les équipes
Nice :
Domingo - Firoud, Gonzalez, Bonifaci, Poitevin - Belver, Courteaux - Nurenberg, Césari, Carniglia, Ben Tifour.
Bordeaux : Villenave, Meynieu, Swiatek, Gallice, Garriga, De Kubber, Baillot, Persillon, Kargulewicz, Doye, De Harder.

L'entraîneur des Aiglons, Numa Andoire, avait abordé cette rencontre d'une façon très personnelle, mais sa conception pour le moins originale s'avéra finalement payante : Nice, vainqueur 5-3, put signer le quatrième doublé Coupe-Championnat de l'histoire.

Nice 1952 : le jeune Robert Herbin fait ses gammes dans la pépinière du Cavigal. Dans l'autre grand club de la ville, l'OGC Nice, tout va pour le mieux. Sacré champion en 1951, Nice confirme l'année suivante son statut — une première dans le football professionnel. Après avoir fait la course en tête avec Lille et Bordeaux, les Aiglons ont devancé au final les Girondins d'une courte tête.

Les joueurs de Numa Andoire brillent également en Coupe de France : après avoir marqué 14 buts sans en encaisser un seul, l'invincibilité du portier niçois Marcel Domingo prend fin en demi-finale. Nice s'impose néanmoins 3-1 face à Rouen, dernier club de deuxième division encore dans la course.

Cette trente-cinquième édition est conforme à la logique du classement en championnat. Après la qualification du champion, le deuxième et le troisième se disputent la deuxième place pour Colombes — la hiérarchie est finalement respectée puisque Bordeaux l'emporte face à Lille sur le score de 2-1.

Ce 4 mai 1952, sur la pelouse du stade Yves-du-Manoir, l'affiche va tenir toutes ses promesses. Nice, vainqueur à deux reprises de Bordeaux en championnat, part favori. Numa Andoire, ancien défenseur du Red Star et membre de la délégation française lors de la première Coupe du Monde en 1930, a des idées bien arrêtées sur cette finale.

Première entorse à l'orthodoxie : Andoire conseille à ses joueurs de se coucher très tard, la veille de la finale, afin de s'endormir facilement à l'aube. Après tout, le match ne commence qu'à 15 heures…

Deuxième surprise de taille : l'absence sur la feuille de match de Désiré Carré — à qui échoit généralement le brassard de capitaine — mais aussi du buteur suédois Pär Bengtsson. C'est Victor Nurenberg et Luis Carniglia qui prennent la relève. Ces choix se révéleront les bons.

Le Luxembourgeois Nurenberg ouvre la marque dès la dixième minute. Les Girondins réagissent dans la minute suivante par Baillot d'un tir des dix-huit mètres (1-1, 11e), mais le deuxième joker niçois surenchérit dès la remise en jeu : 2-1 à la 12e ! Le ton est donné.

À la 32e minute, Belver semble donner un avantage décisif aux Aiglons d'une reprise de volée (3-1), mais une tête de Kargu à cinq minutes de la pause redonne espoir aux Girondins (3-2). Cinq buts en première période !

Le festival offensif se poursuit en seconde mi-temps. Une reprise victorieuse du Bordelais Baillot enflamme le match en remettant les deux équipes à égalité (3-3, 55e) ! Jusqu'au coup de sifflet final, le match ne baissera pas d'intensité.

Mais en quatre minutes, les Niçois font la décision. Ben Tifour (4-3, 61e) puis Césari (5-3, 65e) offrent à la Coupe de France un voyage vers la Baie des Anges.


Les buts :
1:0 Nurenberg (9e), tir croisé de 8m à droite, sur ouverture de Césari depuis le rond central.
1:1 Baillot (11e), reprise de 18m à ras de terre d'un centre de la gauche de De Harder rabattu de la tête par Persillon.
2:1 Carniglia (12e), reprise de 9m à ras de terre d'un centre de la gauche de Césari.
3:1 Belver (32e), reprise à ras de terre de 20m, d'une balle mal contrôlée par Ben Tifour et Gallice.
3:2 Kargulewicz (40e), reprise de la tête, de 8m, d'un coup franc tiré par De Kubber.
3:3 Baillot (55e), reprise de 4m dans l'axe, d'un centre court de la droite de Kargu dévié par De Harder.
4:3 Ben Tifour (61e), tir de 18m sur service de Carniglia, dévié de la tête sous la barre par Gallice.
5:3 Césari (65e), tir croisé à ras de terre de 18m, à l'issue d'une passe redoublée avec Nurenberg.



Finale Coupe de France 1952 Nice-Bordeaux (5-3) par ffftv


Anecdotes

Chose rare, la finale met aux prises le premier et le second du championnat, ce qui débouche sur un festival offensif — seule la finale de 1957 sera plus prolifique. L'OGC Nice réalise le 4e doublé Coupe-Championnat de l'histoire du football français.

Les Girondins, déjà battus deux fois en championnat par les Aiglons, laissent encore échapper une Coupe dont ils seront longtemps les grands malchanceux, au terme du parcours le plus difficile de tous les finalistes, puisqu'il avait fallu rejouer lors de trois tours consécutifs.

Quant aux Niçois, le "coup de poker" de leur entraîneur Numa Andoire — écartant son buteur suédois Pär Bengtsson et son capitaine habituel Désiré Carré au profit des remplaçants Nurenberg (luxembourgeois) et Carniglia (argentin) — se révéla payant puisqu'ils marquèrent les deux premiers buts de leur formation.

Il est à noter que cette finale Nice - Bordeaux est le premier match de football retransmis « en direct » à la télévision.